Publicité

 

Conseil municipal

Lundi 31 octobre 2005

CONSEIL MUNICIPAL DE ROUEN

Vendredi 24 septembre 2004
EXTRAIT DU COMPTE RENDU STENOTYPIQUE

M. GUYARD. - La question s'est posée pour la ville de savoir s'il était opportun ou pas de mettre en concurrence la fourniture d'énergie que nous consommons, que ce soit électrique ou par voie de gaz dans la mesure où l'idée est d'épargner les ressources que nous procurons aux Rouennais si faire se peut.
Je rappellerai par exemple que la mise en concurrence des télécommunications qui est antérieure a permis d'économiser pour la ville des sommes non négligeables tout en maintenant le niveau de service pour les services de la ville et les organismes extérieurs.
La question s'est posée de la même façon de voir s'il y avait opportunité à le faire pour l'énergie. C'est un sujet extrêmement complexe car il y a dans cette ville plusieurs centaines de points de consommation d'électricité, -je ne parlerai que l'électricité dans un premier temps car c'est le plus complexe- du petit compteur bleu du logement d'un gardien logé à tel endroit au gros branchement de la piscine par exemple ou tout autres établissements.
On s'est aperçu à cette occasion, mais c'est normal compte tenu de l'histoire, que nous avions une connaissance approximative de la totalité de notre facturation en énergie , nous avions une très mauvaise connaissance des courbes de consommation au cours de l'année ou de la journée. On s'aperçoit, et cela a été vu notamment puisqu'il y avait déjà eu une ouverture et donc une liberté à la fois de choix du prestataire et d'une tarification de la part du prestataire retenu pour des très gros établissements, que l'important est comment on passe les points de consommation.
Il y avait un travail d'analyse à faire de nos consommations pour répertorier les points de consommation, essayer d'analyser comment cette consommation se faisait en termes de calendrier et de variations journalières pour regarder s'il y a opportunité à changer de fournisseur et à faire appel à d'autres fournisseurs qu'Electricité de France.
Nous sommes loin d'en être encore là puisque, pour l'instant, le travail qui a été achevé était le répertoire des points de consommation, l'analyse de cette consommation.
En parallèle, on a observé que, compte tenu des évolutions du coût de l'énergie liées à des phénomènes complètement extérieurs à la situation française, voire européenne, on sait bien pourquoi le coût de l'énergie se balade en ce moment dans le monde, il n'y avait pas forcément opportunité à mettre en concurrence les gros points de consommation et que la question pouvait se poser sur les petits points de consommation. Nous en sommes là. Le travail va continuer d'analyse d'un éventuel cahier des charges à adjoindre à un appel à candidature. Nous aurons l'occasion d'en reparler dans le premier semestre de l'année prochaine dans la mesure où il faut approfondir cette réflexion.
Pour faire tout cela, en dépit de leur connaissance des outils et de leur bonne volonté, les services de la ville n'étaient pas à même de faire ce travail à la fois sur nos installations et aussi de comparaison et de mise en perspective par rapport à ce qui se passe ailleurs en France et à l'opportunité de faire ou ne pas faire. C'était et c'est toujours, car elle n'est pas terminée, la mission qui a été confiée à ce bureau d'étude.
M. le Maire. - Cette mission n'a rien de secret. Au fur et à mesure qu'elle nous assiste et nous conseille, nous recueillons en effet un certain nombre de données. Lorsque l'étude sera terminée, il n'y a aucune raison qu'elle ne soit pas communiquée.
M. CHARTIER. Sur le point 9 qui a suscité l'intervention de mon collègue LANCRY, je souhaitais également intervenir pour attirer l'attention sur votre décision qui est un choix politique fort d'aller vers le privé pour la fourniture d'électricité.
M. le Maire. - Mais non. Vous n'avez pas bien écouté.
M. CHARTIER. - Si, « afin d'assister la ville dans la préparation de la mise en concurrence des marchés de l'électricité et du gaz.
M. le Maire. - M. GUYARD vous a dit qu'il s'agissait dans un premier temps de mieux connaître la situation actuelle, dans un second temps de nous proposer éventuellement une mise en concurrence.
M. CHARTIER. - Ce n'est pas moi qui rédige vos rapports : « préparer la mise en concurrence ».
M. le Maire. - La décision que nous avons prise est de nous faire assister pour mieux répondre à une éventuelle mise en concurrence. Pour répondre à cette question, à moins d'avancer aveuglément vers le précipice ou vers un mur en klaxonnant, il est tout à fait normal qu'un bureau d'étude nous conseille sur ce que M. GUYARD vous a indiqué lui-même, c'est-à-dire la nature de notre consommation, les points de notre consommation et les éventuels gains, je dis bien éventuels car le bureau d'étude a été très prudent sur la question, que pourrait procurer une mise en concurrence.
La mise en concurrence ne signifie pas que ni GDF, ni EDF ne seraient retenus au bout du compte, ne l'oubliez pas non plus. Donc, vous anticipez, vous préjugez alors qu'en réalité nous avons une étude technique pour aider la ville à y voir, si vous me permettez ce mauvais jeu de mots, un tout petit peu plus clair dans ses consommations.
M. CHARTIER. - Vous me permettrez de continuer mon propos. Je ne fais que lire le rapport qui nous dit que la société ENERGIE CONSULTING a été retenue afin d'assister la ville dans la préparation de la mise en concurrence des marchés de l'électricité et du gaz et non dans l'éventualité.
M. le Maire. - C'est une préparation.
M. CHARTIER. - L'idée même de ne plus faire confiance au service public d'EDF, pour moi qui suis agent EDF, c'est difficilement supportable, non pas parce que je suis agent EDF car je conteste par ailleurs beaucoup de décisions de mes directions.
M. le Maire. - C'est votre liberté.
M. CHARTIER. - Mais parce que c'est un choix politique. Vous n'étiez pas obligé, si au 1er juillet vous avez la possibilité comme l'ensemble des collectivités territoriales de changer de fournisseur, y compris d'ailleurs demander à Gaz de France de vous fournir de l'électricité, quelle aberration que Gaz de France maintenant fasse de la concurrence à EDF, si vous avez cette possibilité, il n'y a aucune obligation à...-
M. le Maire. - Bien.
M. CHARTIER. - Permettez-moi de terminer.
M. le Maire. - Dépêchez-vous de conclure.
M. CHARTIER. - Je suis dans le rapport. Si vous considérez que l'on ne peut même plus intervenir sur les rapports, le débat va être vite clos entre nous, mais comme vous savez que j'ai un tempérament à ne pas me laisser ôter la parole lorsque je considère qu'elle doit être entendue, je crois que cela allongera nos débats.
Concernant ce rapport, la ville n'avait pas l'obligation d'exercer son droit à l'éligibilité. Cela a été rappelé à cette occasion, car beaucoup de collectivités se sont interrogées pour savoir si elles avaient l'obligation de faire un appel à la concurrence, par le Conseil d'Etat qui a donné son avis sur les conditions d'exercice de l'éligibilité des collectivités locales que subsistaient deux secteurs sur le marché de l'électricité, un secteur réglementé dont les tarifs sont fixés par les pouvoirs publics et un secteur ouvert à la concurrence qui est ouvert au marché et dont l'offre et la demande déterminent les prix comme l'indique l'économie de marché.
Ensuite, le Conseil d'Etat a considéré que les collectivités publiques n'ont aucune obligation de recourir à des appels d'offres et qu'elles peuvent poursuivre l'exécution des contrats en cours et les renouveler.
Donc, je réaffirme mon jugement. Je considère que vous avez fait un choix politique, que vous êtes en train de préparer un choix politique qui est, je vous l'accorde, en cohérence avec vos choix politiques au Parlement puisque vous avez voté notamment l'ouverture du capital et l'application en droit français des directives européennes. S'il n'y avait pas obligation pour les directives européennes d'ouvrir le capital, il y avait obligation pour les états d'ouvrir les marchés à la concurrence et c'est bien cela qui nous fait différer sur notre conception de l'Europe.
Je souhaitais simplement qu'à travers cette délibération les Rouennais, qui sont attachés au service public, sachent que la ville de Rouen prépare une nouvelle ouverture vers le privé d'un marché important.
Nous savons également, et cela a été dit, que les collectivités qui choisiront un concurrent à des opérateurs historiques que sont notamment EDF/GDF, si elles reviennent en arrière et décident de s'adresser à nouveau à ces opérateurs, elles ne pourront plus bénéficier des tarifs réglementés. Il y a donc un grave risque, nous le savons puisque nous l'avons vécu sur les télécommunications, les offres sont alléchantes, mais je souhaite que nous ne nous retrouvions pas dans l'état de la Californie où il a fallu interrompre la fourniture d'électricité, en tout cas pas pour les Rouennais.
M. le Maire. - Qui fournit aujourd'hui notre électricité et notre gaz ?
M. CHARTIER. - EDF et GDF.
M. GUYARD. - Il ne faut pas mettre la politique là où elle n'a pas à l'être et l'idéologie là où elle n'a pas à être.
Monsieur CHARTIER, je vous ai écouté patiemment et sans ricaner, j'aimerais que vous puissiez faire la même chose.
La décision de lancer cette étude a été faite avant que le Conseil d'Etat ne prenne cette position disant que les collectivités n'étaient pas obligées de faire. Nous étions dans le risque, à l'inverse, de voir un contrat renouvelé directement avec EDF sans mise en concurrence porté au tribunal administratif par le contrôle de légalité.
Donc, à cette époque, nous avons pris des mesures conservatoires pour nous mettre en capacité de lancer un appel à concurrence si nous y étions contraints. Entre temps, car l'étude avait commencé avant, le Conseil d'Etat a pris cette position qui nous a dans une certaine mesure soulagés car, à ce moment-là, je l'ai dit d'ailleurs dans mon propos, la question de l'opportunité d'une mise en concurrence se pose et nous poursuivons l'étude pour voir si elle est opportune ou pas. Il n'y a absolument pas d'idéologie là-dedans, il y a seulement un souci de bonne gestion des deniers publics.
Il est vrai, et cela ne nous a pas échappé, que, si l'on abandonne les tarifs réglementés, on ne peut pas y revenir. D'ailleurs, c'est le principal point qui met en question l'opportunité de faire ou de ne pas faire. Donc, il n'y a pas d'idéologie là-dedans, il y a simplement un souci de bonne gestion.
M. CHARTIER. - Mais si, il y en a, assumez-la.
M. DEVAUX. - Je trouve notre discussion assez surréaliste car, Monsieur CHARTIER, loin de moi de vouloir faire de la morale, toute profession est respectable, la vôtre autant que les autres, mais c'est un peu de mélange des genres de défendre au titre de sa profession une entreprise devant la collectivité locale pour laquelle on est élu. Il faut séparer les genres.
M. CHARTIER. - Ce n'est pas une entreprise, mais un service public.
M. DEVAUX. - Arrêtez ce procès d'intention en imaginant que nous allons brader les intérêts des Rouennais devant un marché ouvert à la concurrence. Au contraire, nous servons les intérêts de Rouen et des Rouennais en posant les bonnes questions et, ensuite, bien évidemment, les éléments que vous avez fait valoir seront pris en compte dans cette étude. N'imaginez pas que l'on ait des chevaux légers du libéralisme européen et que l'on va s'amuser à brader les intérêts de la ville à ce niveau-là.
Donc, ne nous faites pas de procès d'intention, soyons réalistes, regardons les études comme elles sont et ne mélangeons pas les genres.
M. LANCRY. - C'est très pratico-pratique. D'une part, on demandait d'avoir communication, et pas dans trois mois, de ce que cela donne, de ce qu'est cette société Energie Consulting que l'on ne connaît pas, ses compétences, ce qu'elle a déjà fait, etc., la nature du marché et l'étape de l'étude.
D'autre part, c'est aussi l'occasion, on l'avait déjà demandé, de faire une analyse sur un autre plan, c'est-à-dire sur le problème, là aussi dans le souci de la bonne gestion des finances publiques et des ressources limitées de la planète, des économies d'énergie, c'est-à-dire de voir, de faire, déjà plusieurs villes l'ont fait ainsi que des sociétés, à partir de logiciels notamment fournis par l'ADEME ou INESTEME d'analyse des consommations, des contrats car, en fonction de la nature des contrats, il y a les contrats EDF mais aussi des contrats qui vont être proposés par les concurrents, le fait du type de lampes que l'on emploie, basse tension, etc., donc, qui n'ont pas les mêmes coûts. C'est aussi l'occasion de faire cela.
M. le Maire. - Bien sûr.
M. LANCRY. - J'aimerais savoir si Energie Consulting a les compétences de faire cela. Donc, cela suppose un accord complémentaire avec ADEME ou INESTEME.
M. le Maire. - Sur les plus importantes chaufferies de la ville, les plus importantes sources de consommation d'énergie de la ville, je vous rendrai compte dans quelques semaines d'une décision que je prends car nous sommes en train de consulter des bureaux d'étude pour nous assister dans l'analyse des contrats et dans la recherche des économies potentielles. Donc, vous aurez sans doute, vous n'en serez pas surpris, à ce moment-là, au titre des délégations que vous m'accordez, l'occasion de poser vos questions.
Quant à cette société, elle est tout à fait indépendante de tout producteur ou fournisseur d'énergie. On peut vous donner tous les éléments sur des références qu'elle nous a fournies. Lorsque l'étude sera terminée, ce qui n'est pas le cas, naturellement, vous pourrez en avoir communication, il n'y a rien là que de transparent.
Par DC
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Lundi 31 octobre 2005
   

CONSEIL MUNICIPAL DE ROUEN

Vendredi 5 novembre 2004

EXTRAIT DU COMPTE RENDU STENOTYPIQUE
(motion d'urgence sur l'avenir des salles de cinémas rouennaises)

 
 
M. le Maire. Nous allons commencer la discussion sur l'urgence. C'est M. CHARTIER qui l'a défend.
M. CHARTIER. - Sur l'urgence et sur le fond, les deux se rejoignent. Simplement pour dire que nos collègues ont pris connaissance que le promoteur Unibail, qui a été chargé par votre majorité de réaliser le centre commercial de loisirs sur le site des anciens docks, a pressenti le groupe Europalaces qui est une alliance des distributeurs Pathé et Gaumont pour réaliser un multiplexe de 14 salles, un troisième multiplexe, donc, sur l'agglomération rouennaise.
Avec 41 écrans commerciaux, l'agglomération de Rouen possède déjà une abondance d'écrans sans d'ailleurs que la diversité de la programmation soit forcément élargie.
L'ouverture précédente, et à nos yeux sans véritable concertation, nous l'avions évoqué et fait remarquer à l'époque, du multiplexe Gaumont a entraîné l'asphyxie du distributeur indépendant qui gérait les cinémas Saint-Sever qui ont été rachetés depuis par le groupe UGC.
L'ouverture d'un troisième multiplexe mettra en cause selon nous la pérennité de l'exploitation des salles Gaumont de centre-ville et menacera, tous les spécialistes le disent, la viabilité de l'exploitation des salles d'art et essai du Melville et de l'Ariel à Mont-Saint-Aignan.
C'est non seulement, donc, l'équilibre cinématographique et la diversité de l'offre culturelle dans l'agglomération qui sont en cause avec ce projet, mais c'est aussi la vitalité du centre-ville de Rouen.
Or, comme le précise l'un des rapports, le seul à ma connaissance en date en tout cas publié en 2000 sur les multiplexes et rédigé à la demande du Ministre de la Culture de l'époque « la présence d'un cinéma crée toujours une animation périphérique : cafés, restaurants, voire librairies et commerces de détail liés au loisir. Cette animation se prolonge en soirée faisant fonctionner ces commerces de proximité » et le rapporteur de noter « l'animation de centre-ville est souvent mise en danger par l'implantation d'un multiplexe aux portes d'une ville moyenne ». Rouen est une ville moyenne même si nous avons tous des ambitions pour elle.
Demain, si la Commission départementale d'équipement cinématographique, qui devra statuer sur l'autorisation à donner pour l'ouverture de ce multiplexe, donne son accord sur ce projet, c'est donc le groupe Europalaces qui sera en position dominante sur l'agglomération rouennaise avec un pouvoir sur la programmation de trois quarts des salles et qui décidera en fait de l'avenir et de l'existence des cinémas sur notre agglomération.
Cette motion d'urgence a pour but, en pleine conscience d'appeler nos collègues conscients des conséquences négatives de l'ouverture de ce troisième multiplexe exploité par le groupe Europalaces sur l'animation et le commerce de centre-ville, ainsi que des conséquences sur la diversité de l'offre culturelle, à demander aux représentants de la ville de Rouen, à savoir le Maire de Rouen qui siège en commission départementale d'équipement cinématographique, d'émettre un avis défavorable lors de l'examen de ce projet.
J'ai résumé l'essentiel de la motion, nous pouvons aller au débat sur le fond, en tout cas vous me concéderez l'urgence puisque la commission départementale se réunira peut-être dans les mois à venir, mais je ne sais pas.
M. le Maire. - Je voudrais que l'on parle de l'urgence car vous avez parlé du fond mais vous n'avez pas vraiment démontrer l'urgence sauf à l'évoquer à la fin.
M. ROBERT. - Sur l'urgence, c'est effectivement préparé par Unibail en vue d'une CDEC dans les prochains mois. Je n'ai pas la date exacte de la CDEC mais comme il y a effectivement un souhait que nous connaissons tous d'Unibail d'aller rapidement, a priori, il voulait que cette CDEC soit avant le 31 décembre, par conséquent, l'urgence est totalement motivée par la prochaine réunion de la CDEC.
M. le Maire. - Ce serait en effet le cas si votre hypothèse était vérifiée, or, ce n'est pas le cas. Permettez-moi de vous répondre sur l'urgence, par sur le fond, mais sur l'urgence car nous devons d'abord voter sur l'urgence.
Sur l'urgence, il n'y aura pas d'instruction par la CDEC avant le 31 décembre 2004 pour la simple et bonne raison qu'aujourd'hui aucun dossier n'a été déposé auprès de la commission départementale d'équipement cinématographique.
Par ailleurs, je vous rappelle que le bâtiment des docks et entrepôts n'a pas encore été juridiquement vendu par la ville. Il n'y a donc aucune urgence. Je demande à la majorité municipale de repousser l'urgence. C'est un débat que nous aurons dans quelques mois, sans doute entre le mois de janvier et le mois de mars 2005 où nous aurons tout à fait l'occasion de retrouver ce dossier à ce moment-là.
Je vous consulte donc, mes chers collègues, sur l'urgence et non pas sur le fond.
Qui est favorable à l'urgence ?
Qui est défavorable à l'urgence ?
Cette motion sera donc sans doute représentée ultérieurement lorsque le bâtiment sera vendu ou lorsqu'un dossier aura été déposé devant la commission départementale d'équipement commercial.
Par DC
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mardi 20 décembre 2005
Intervention du groupe communiste au conseil municipal du 16/12/2005
 
Il nous est demandé ce soir de nous prononcer par un vote sur le futur site d’implantation de la Médiathèque de Rouen. Cet équipement dont  l’ambition est de devenir une bibliothèque à vocation régionale, voire nationale notamment pour ses fonds patrimoniaux et une tête de réseau pour les bibliothèques de notre ville et de l’agglomération
.
C’est donc un équipement d’importance tant par ses objectifs en matière de lecture publique que par l’investissement financier qu’il représente puisque le projet est aujourd’hui évalué entre 35 et 40 millions d’euros.
Les élus communistes ont toujours soutenu la nécessité de développer dans notre ville  la lecture publique qui a pris du retard, avec une bibliothèque centrale essentiellement à vocation de recherche et d’étude fréquentée par 1% seulement des rouennais. Le taux d’inscription de 10,2% dans les différents lieux de prêts de la ville témoigne d’une sous utilisation des lieux de lecture et de prêts et de l’insuffisance de l’offre aux publics potentiels. La médiathèque a vocation à conquérir de nouveaux publics, notamment plus jeunes en élargissant l’offre culturelle. Il est fait état de parvenir à une multiplication par 3 à 5 du nombre actuel d’inscrits.
Pour notre part nous avons toujours mis en évidence la nécessité de ne pas opposer la médiathèque locomotive, tête de réseau, peu importe l’expression et les bibliothèques annexes qui jouent aujourd’hui le rôle premier dans l’accès au livre compte tenu de la faible attractivité de la bibliothèque Villon. Les lecteurs rouennais souhaitent tout autant le maintien et la poursuite de la modernisation des Bibliothéques-annexes et leur élargissement comme  nous l’avons souhaité avec la construction d’un nouvel équipement dans l’ouest de la ville.
Depuis 2002 nous avons eu à plusieurs reprises des débats sur ce projet et notamment son site d’implantation. Malheureusement fin 2005 nous en somme toujours à finaliser un projet qui de ce fait a pris du retard. Votre volonté, Monsieur le Maire, et celle de votre majorité, mais nous le vérifierons ce soir, de n’examiner que l’implantation dans le quartier Grammont est évidemment une des causes de ce retard. Certes vous avez fait réaliser des études techniques et urbanistiques, mais  sans avoir attendu le choix définitif du lieu d’implantation, ce qui  risque de  s’avérer très coûteux  pour les contribuables si le lieu d’implantation n’est pas celui étudié. Ce n’est pas faute de vous avoir alerter sur les conséquences de votre obstination.
 
Le site de Grammont présente des atouts que reconnaît le groupe de travail pluraliste ( lire le rapport )qui a comparé les éléments positifs et négatifs des deux sites étudiés. Mais  vous voulez ignorer les aspects dérangeants que l’ensemble des études a mis en évidence concernant l’accessibilité du site Grammont, ce qui est un des critères importants pour le fonctionnement de ce type de structure.  Toutes les études relèvent cette difficulté qui risque de mettre en cause l’attractivité et la fréquentation de ce nouvel équipement. Il est donc légitime que nos partenaires, l’Etat à travers le rapport de l’inspection générale des bibliothèques, la région et le département souhaitent que ce critère d’accessibilité soit un élément validé dans le choix du futur site.
Sans doute parce que le rapport du groupe de médiation ( lire le rapport ) réuni sous l’égide de Monsieur le Préfet, que vous avez été contraint d’accepter  n’apportait pas les conclusions que vous auriez souhaitées, vous assortissez ce rapport d’un document de données complémentaires, ou finalement à partir d’arguments contestables vous faites du site Grammont le seul site acceptable à vos yeux. Peut on être juge et partie ? Par contre vous omettez une donnée primordiale dans votre analyse, la donnée financière et la part des différents partenaires dans le financement de l’investissement, car la ville supportera principalement le fonctionnement. Notre ville participera pour environ 25% du montant global. le reste du financement viendra des autres partenaires . Ce projet la ville le porte, c’est son rôle, mais elle ne le finance pas seule, C’est la règle pour ce type d’équipement. Pouvez vous ignorer plus longtemps que faute d’avoir le soutien financier des différents partenaires, notre ville n’aura pas les moyens de mener à bien ce projet. Pourtant tout le monde est favorable à la réalisation d’une médiathèque, notre conseil municipal unanime, les rouennais qui attendent  à juste titre de bénéficier de ce qui  existe et fonctionne dans de nombreuses  métropoles  régionales, les universitaires et étudiants de l’agglomération, plus largement les lecteurs de toute l’agglomération.. D’ailleurs nous l’avons  dit ici, ce projet aurait du être porté par une réflexion plus large associant les futurs utilisateurs de cet équipement. Cela vous ne l’avez pas favorisé ( les conseils de quartiers par exemple n'ont jamais été consultés). Si votre obstination devait conduire à bloquer la réalisation de ce projet, je crois que vous porteriez la responsabilité de cette situation devant l’opinion publique
 
Aujourd’hui il faut choisir et avancer. Il faut savoir écouter et remettre en cause des choix fussent –ils intéressants, comme l’est le projet d’implantation d’un équipement structurant sur ce secteur en développement. D’autres équipements  peuvent trouver leur place sur le site Grammont avec succès parce qu’ils n’ont pas le même fonctionnement et les mêmes contraintes. Nous l’avons vu avec la clinique Mathilde. Au nom de l’intérêt des rouennais et de la lecture publique  nous soutenons le projet d’implantation sur le site de l’ancienne école normale parce que ce projet répond mieux, selon nous  , à l’ambition que nous lui assignons  et  que sa localisation permettra sans délais un accès facile pour tous les modes de transports, élargissant ainsi les catégories de lecteurs potentiels.
 
Bien entendu ce choix permet, et c’est primordial,   de lever les incertitudes dans l’engagement financier  de nos partenaires, conditions nécessaires permettant d’engager sans plus de retard la finalisation de ce projet et de répondre ainsi aux attentes de nos concitoyens. Il n’est pas question que d’autres collectivités imposent à la ville des choix qui ne seraient pas les siens,  mais s’agissant d’un équipement culturel dont la vocation va bien au-delà de notre ville, il n’est pas illégitime que les collectivités qui vont participer au financement  donnent leurs préférences et fassent entendre l’intérêt des habitants qu’elles représentent  dans le choix définitif. Chacun a des comptes à rendre à ses mandants.
 
Vous avez le pouvoir de demander à votre majorité municipale de vous soutenir dans votre obstination, mais c’est prendre devant les rouennais le risque de bloquer pour des mois encore la réalisation de cette médiathèque dont chacun reconnaît l’utilité. Nous souhaitons que l’on sorte par le haut de ce bras de fer qui n’a que trop duré. Que le développement de l’accès à la lecture publique soit notre motivation à tous dans le choix d’implantation de cette Médiathèque.
Par DC
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus