Dimanche 10 septembre 2006
le Député, Maire de Rouen, Pierre Albertini se déclare " séduit" par la fusion avec Suez et la privatisation de Gaz de France .
On savait le Maire de Rouen partisan de la libéralisation du secteur de l'énergie. Il fut un des premiers Maires à lancer un appel d'offre pour ouvrir au privé la fourniture d'électricité et de gaz de la ville. La réflexion de Pierre Albertini (ci_dessous) sur son blog témoigne que le député UDF trouve "séduisante" la fusion Suez Gaz de France proposée par le gouvernement contrairement au porte parole du groupe UDF.
Nous verrons quel sera son vote. S'il vote contre ce projet il le fera sans doute comme son ami François Bayrou par posture opportuniste en prévision des échéances présidentielles et législatives à venir. N'en déplaise au député Albertini défendre l'intérêt national c'est s'opposer à ce projet comme le font les députés communistes en ce moment et constituer un grand groupe de l'énergie autour des deux opérateurs performants que sont EDF et GDF.
Fusion GDF-Suez : où est l'intérêt national ?
Par Pierre Albertini, jeudi 7 septembre 2006 à 21:18 :: General :: #94 :: rss
Le débat législatif commence. Au-delà de l'obstruction parlementaire, l'intérêt national est-il dans le statu quo ou dans la fusion proposée par les deux entreprises et encouragée par le Gouvernement ?
J'avoue humblement qu'il est difficile d'avoir sur ce sujet une position définitive. Mes deux seules certitudes sont, d'une part, que le monde de l'énergie est en mutation, d'autre part, que l'énergie sera de plus en plus chère.
Aujourd'hui, la consommation mondiale est assurée par 3 grandes énergies fossiles : le pétrole (40%), le gaz naturel (25%) et le charbon (25%). Le gaz naturel est la moins polluante et se développe assez rapidement. Les principaux producteurs sont la Russie (peut-être la plus importante réserve du monde), les Etats-Unis et loin derrière, le Canada, le Royaume-Uni, l'Algérie, l'Iran, la Norvège...La production française est, quant à elle, en voie d'extinction.
Comment assurer la sécurité de nos approvisionnements ? comment veiller aux obligations de service public et protéger les intérêts des consommateurs ?
La création d'un grand groupe industriel (le 1er européen) est séduisante car elle s'inscrit dans une perspective internationale de concentration de l'industrie et d'ouverture à la concurrence (1er juillet 2007). Un ensemble électro-gazier de grande taille paraît alors plus à même de diversifier nos sources, d'investir et de discuter les prix.
A l'inverse, les adversaires de la fusion pensent que les tarifs réglementés prévus par le projet de loi sont un leurre et que l'approvisionnement en gaz doit être assuré par une entreprise publique. Certains proposent même un contre-projet : une fusion EDF-GDF que la Commission de Bruxelles a peu de chances d'approuver au nom de la concurrence.
Où se situe le principal risque ? Dans une défense du statu quo ou dans une fusion qui fera tomber la part de l'Etat à 34% ? Il est permis de réfléchir. Comme disait Condorcet, "les amis de la vérité sont ceux qui la cherchent et non ceux qui se vantent de l'avoir trouvée".
Une délibération sur l’avant projet définitif de construction de la Médiathèque de Rouen sera soumise au conseil municipal du 21/09/06. Les élus communistes de Rouen tiennent à rappeler leur position sur ce dossier :
La future Médiathèque de Rouen sera un élément important pour développer l’accès à la lecture publique. Elle a vocation à conquérir de nouveaux publics, notamment plus jeunes en élargissant l’offre culturelle. Nous soutenons donc ce projet, tout en mettant en évidence la nécessité du maintien, de la modernisation et de l’extension des bibliothèques annexes de proximité qui jouent à ce jour un rôle déterminant dans l’accès au livre.
Depuis 2002 un débat s’est engagé sur la localisation de ce nouvel équipement culturel. Le site Grammont présente des atouts que nous avons toujours soulignés, notamment son rôle structurant dans ce quartier en cours de requalification urbaine. Mais l’ensemble des études publiques et indépendantes relèvent une difficulté réelle dans l’accessibilité du lieu envisagé qui risque de mettre en cause l’attractivité et la fréquentation de cette Médiathèque, ce qui serait regrettable compte tenu des objectifs fixés et des sommes engagées. Les élus communistes ont soutenu la nécessité d’examiner avec intérêt l’alternative de l’implantation sur le site de l’ancienne école normale situé rive gauche à proximité des transports en commun. Le Maire de Rouen a conduit ce dossier comme beaucoup d’autres sans volonté de débat démocratique et citoyen. En refusant une réelle concertation avec les collectivités partenaires, il a créé les conditions de son isolement et de celui de la ville.
Aujourd’hui le choix de l’implantation sur le site de Grammont est confirmé par le Maire et les travaux de construction de ce projet qui n’a pris que trop de retard doivent débuter prochainement. Nous en prenons acte et souhaitons que cet équipement à vocation régionale, voire nationale notamment pour ses fonds patrimoniaux soit réalisé dans les meilleures conditions afin de répondre aux attentes des rouennais, des universitaires et des étudiants et plus largement des habitants de toute l’agglomération.
L’engagement financier de la ville se situera autour de 30 millions d’euros. Le Maire semble se résoudre à l’absence de subventions de la part de la Région et du Département ce qui va accroître de façon conséquente la participation financière de la ville. Ce manque à gagner de plusieurs millions d’euros va entraîner le report de certains investissements utiles et alourdir la dette de la ville. C’est regrettable. Nous comprenons que s’agissant d’un équipement dont la vocation est régionale, les collectivités territoriales partenaires émettent des souhaits et fassent entendre l’intérêt des habitants qu’elles représentent. Mais comme nous le disions lors du conseil municipal du 16/12/2005 « il n’est pas question que d’autres collectivités imposent à la ville des choix qui ne seraient pas les siens ».
Les Rouennais ne comprendraient pas d’être « sanctionnés » du fait du choix du Maire. Ils n’ont pas à subir les conséquences de ce différend sur le lieu d’implantation de la future Médiathèque. C’est pourquoi nous demandons que ce dossier bénéficie des subventions régionales et départementales à la hauteur de celles qu’une collectivité locale est en droit d’obtenir pour ce type d’équipement. Nous écrivons en ce sens aux Présidents de la Région et du Département en liaison avec les groupes des élus communistes de ces assemblées.
L’intérêt général et le développement de l’accès public à la lecture doivent prévaloir sur toutes autres considérations.